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J’habite rue de la Sollicitation

Par / 6 avril 2017 / / 0 Commentaires

J’habite rue de la Sollicitation

Par / 6 avril 2017 / / 0 Commentaires

J’ai la chance d’habiter un quartier assez hétérogène tant par son multiculturalisme que par sa diversité socio-économique, mais dont quelques rues abritent une concentration de foyers relativement aisés.

Croyez-moi, en plus de donner lieu à des soirées d’Halloween dont le niveau d’achalandage frôle celui d’une rue de Bombay aux heures de pointe, ces rues sont le théâtre d’un porte-à-porte de grande intensité : le financement d’activités parascolaires à coup de barres de chocolat y est au coude-à-coude avec les causes humanitaires.

Impression désagréable de déjà-vu? Les causes qui demandent notre appui sont partout, à nos portes, au coin d’une rue, dans un abribus, à la radio, dans un courriel, sur un répondeur, dans une boîte aux lettres…

Nous partageons, je pense, cette impression qu’en tous lieux, à tout moment, on essaie de nous rallier coûte que coûte à une bonne cause.

Nous avons déjà parlé ici des raisons qui nous incitent à donner. Elles sont diverses et propres aux expériences et aux moyens de chacun. Faire un don ou non est un choix que nous sommes toujours libre d’exercer.

Or, nous travaillons avec des organismes hantés par la sursollicitation, déchirés entre la crainte de froisser des donateurs précieux et la volonté d’offrir toujours plus et mieux aux bénéficiaires de leur cause.

Comment attendrir le donateur qui se sent sursollicité?

On le dit et on l’entend : une bonne séquence de communication multicanal, intégrant un certain nombre de messages, augmente le taux de réponses.

Évidemment, cela se fait suivant certains principes et beaucoup d’écoute.

  • Reconnaissez l’historique du donateur et mettez son appui en valeur – toute la force du marketing direct est là! – Ne traitez jamais un donateur ou un sympathisant comme un étranger.
  • Variez les messages et bâtissez la relation de façon à ce que le donateur développe un sentiment d’appartenance à la cause; ne lui donnez pas l’impression qu’on « l’attache » à l’organisme – Ne traitez jamais un donateur ou un sympathisant comme un « acquis ».
  • Une demande de don peut se faire avec respect, même à l’intérieur d’un message soutenu, direct; inutile de se confondre en excuses, vous faites appel à une aide volontaire pour répondre à des besoins réels à l’aide de solutions légitimes.
  • Ne craignez pas de répéter à quoi servent les dons, en ne négligeant pas une forme de reddition de comptes ou de tangibilisation (transposition d’un montant de don à une forme d’aide concrète).
  • Insistez sur la valeur de l’appui individuel dans un contexte précis. Répondez à la question « Pourquoi donner aujourd’hui? » Liez votre appel à l’actualité, à un nouveau projet de recherche à financer, à une campagne d’urgence… et misez sur l’envie de changer les choses.
  • Quel que soit votre « porte d’entrée », communiquez en toute transparence et avec efficacité. N’ayez pas peur de répondre à un donateur insatisfait. Ce temps que vous prenez pour le comprendre est bénéfique pour votre organisme et démontre que vous vous souciez de vos sympathisants, que vous les traitez comme des partenaires.

Au fond, avant d’entrer à nouveau chez le donateur, invitez-le d’abord à entrer chez vous!

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