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La contamination intellectuelle est-elle nécessaire à la créativité?

Par / 6 août 2014 / / 0 Commentaires

Je travaille dans une aire ouverte et j’enseigne la créativité. Inutile de dire que l’un comme l’autre apportent leurs lots de contacts et d’échanges. La proximité, pour ne pas dire promiscuité avec les autres, oblige à une grande ouverture d’esprit et la capacité d’accepter d’être contaminé. Pas d’une fâcheuse bactérie ou d’un virus vilain et vorace, mais bien des opinions et des concepts des autres. Ces idées diverses et variées sont-elles alors nécessaires pour améliorer notre créativité?

La richesse de nos idées et de nos concepts n’a d’égale que notre perméabilité aux autres et à leurs idées. Si, au premier abord, la critique semble difficile, l’expérience me permet d’affirmer que les remarques et interventions sur notre travail doivent être considérées comme une opportunité d’enrichissement et de changement. Même dans le cas d’une intervention inappropriée ou incongrue, l’avis contraire au sien peut apporter un bilan bénéfique, notamment en nous confortant dans notre voix et en nous rassurant de nos choix. La contamination intellectuelle est donc d’autant plus dérangeante qu’elle est nécessaire à la créativité.

Sages paroles me direz-vous et oh combien difficiles à mettre en application de façon naturelle. Pour ma part, il m’a fallu des années d’expérience et de pratique avant de réaliser que rien ne met en péril une bonne idée si ce n’est qu’elle n’est peut-être pas toujours si bonne que ça finalement. Nous sommes possessifs de nos concepts et pourtant, ils sont issus d’une source inépuisable d’idées nourries par la vie tout simplement. On pourrait donc affirmer qu’à force de vivre, nous sommes de plus en plus contaminés et de plus en plus créatifs, à moins de ne se laisser glisser tranquillement dans l’inertie et l’ennui. Mais ça, c’est un autre débat !

La contamination est donc synonyme d’échanges, de remue-méninges, d’interactions, de partages, de collaborations. Nous devons l’encourager dans nos ateliers et dans nos protocoles de travail. En tant que maître d’œuvre, nous devons convaincre nos collègues et clients de notre parti pris, du fait que l’on a élaboré le meilleur concept possible pour le projet. Mais nous devons aussi être à l’écoute, entendre leurs avis en tant qu’experts en idées, avec le mérite pour eux de voir les choses différemment. Si, au premier abord, la contamination est difficile à appréhender, elle est pourtant indispensable car elle nourrit la créativité et permet d’être toujours plus efficace et performant.

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