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Si on réinventait la philanthropie?

Par / 8 janvier 2018 / / 0 Commentaires

Si on réinventait la philanthropie?

Par / 8 janvier 2018 / / 0 Commentaires

Pourquoi pas? On a bien réinventé mille fois des classiques comme le bœuf bourguignon, le pâté chinois ou le macaroni au fromage… Preuve que ça peut être revisité tout en étant toujours bon et réconfortant.

C’est une invitation : tentons d’imaginer des façons différentes de penser, de développer la philanthropie. Allez, je me lance…

Et si, à l’image des crédits-carbone, on mettait en place des crédits-sociaux?

Loin de moi l’idée de se servir de ces crédits pour cautionner des entreprises qui seraient éthiquement douteuses (emploi d’enfants, usage d’abris fiscaux, réticence aux syndicats, iniquité salariale, etc.) comme on le reproche souvent au programme de crédits-carbone.

J’imagine plutôt des entreprises qui, pour réduire disons de 10 % leurs revenus imposables, pourraient se procurer des crédits-sociaux en investissant une petite part de leurs profits dans une caisse commune. Le contenu de cette caisse pourrait être redistribué entre un certain nombre d’OBNL ayant présenté une demande de financement.

Évidemment, il faudrait compter sur la participation de l’État qui accepterait de voir ses revenus diminuer en échange d’investissements sociaux provenant de l’entreprise privée (mais non gérés par elle!), ce qui, à long terme, contribuerait à alléger certains coûts sociaux.

Oui, on rêve, mais l’année ne fait que commencer, et tout est possible n’est-ce pas?

Des fois, c’est rafraîchissant de regarder ailleurs si on y est… Êtes-vous familiers avec le principe des « tontines » africaines?

Les participants d’une tontine dite rotative s’engagent à verser une somme prédéterminée à une fréquence donnée. Pour chaque tour de versement, un des participants est désigné comme bénéficiaire du fonds. Ce type d’association, qui se base sur des relations sociales fortes, se retrouve surtout au sein de milieux modeste, dans des contextes où les établissements financiers refusent des prêts, faute de garanties.

À mon humble avis, ce modèle se prêterait bien au secteur pluriel où les activités ne reposent pas sur la rivalité entre modèles d’affaires mais visent plutôt le bien commun. Dans un contexte où c’est plutôt le grand nombre de bonnes causes à appuyer qui divise la masse des bonnes intentions, pourraient ainsi se regrouper une poignée d’organismes partageant une communauté de valeurs, d’idées et peut-être des revenus annuels à peu près semblables, afin de cotiser équitablement à une même caisse.

À tour de rôle, annuellement, chaque organisme pourrait réinvestir dans sa mission le montant ainsi accumulé, ce qui lui permettrait de prévoir des investissements plus substantiels pour des projets spécifiques.

Ce n’est pas parce qu’on est bailleur de fonds qu’on est philanthrope pour autant…

On se disait, l’autre jour, avec les collègues (oui, des fois, on s’assoit et on jase, on réinvente le monde comme des ados idéalistes!) qu’il serait temps de se questionner sur la philanthropie corporative, ou sur la façon dont elle est proposée et administrée, parfois en discordance avec les besoins réels des organismes et des communautés aidées.

Pourquoi ne pas se regrouper autour d’une grande table et jeter les bases d’une nouvelle éthique de la philanthropie?

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Votre recette de pâté chinois est inédite? La table est mise… Partagez avec nous vos variations sur un même thème, celui de la philanthropie. Le monde étant ce qu’il est, on a de la marge en masse pour en jaser.

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