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Plongeon vers le futur (pas si futur que ça…)

Par / 28 février 2019 / / 0 Commentaires

Plongeon vers le futur (pas si futur que ça…)

Par / 28 février 2019 / / 0 Commentaires

Vous l’avez probablement remarqué, depuis maintenant de nombreux mois, les mots-clés intelligence artificielle (IA), machine learning, ou encore deep learning sont sur toutes les lèvres.

À Montréal, nous avons la chance d’être dans un épicentre de cerveaux qui travaillent sur la question. Initialement, des chercheurs éminents et reconnus, et maintenant, de nombreuses entreprises (grands groupes ou petites startups), mettent leur énergie à explorer cette technologie et à développer son potentiel.

La semaine dernière, j’ai eu la chance d’assister à une conférence Infopresse sur le sujet (références des conférenciers en fin d’article). De nombreuses informations intéressantes y étaient exposées. J’ai donc eu envie de partager avec vous les éléments qui m’ont le plus interpelée et, dans un deuxième temps, les conséquences que l’explosion de l’IA  aura sur le marketing, plus spécialement, sur le marketing qui concerne les causes.

Six secteurs appelés à changer avec l’IA

  • L’IA est le futur de la santé. Une IA plus performante signifie tout simplement des diagnostics sûrs à 99 %, de meilleures prédictions et moins d’erreurs dans les traitements. Le rôle du médecin est aussi appelé à changer drastiquement, avec une intervention qui se fera davantage au niveau psychologique et humain qu’au niveau du diagnostic. On peut également imaginer le désengorgement de nos salles d’attente aux urgences si la simple étape du triage était réalisée par des machines et non des humains (On a hâte).
  • Le secteur de l’emploi connaîtra lui aussi une évolution spectaculaire. De nombreux métiers actuels disparaîtront complètement pour devenir robotisés, surtout ceux qui impliquent beaucoup de tâches répétitives. Par exemple, les radiologues ou les programmeurs web. De nouvelles professions apparaîtront, bien sûr. Donc pour une transition fluide, il est essentiel que l’État joue un rôle visionnaire et ajuste les structures de formation proposées.
  • La démocratie aura besoin de protection et les lois devront être ajustées afin de préserver les droits et libertés de chacun. Déjà de nos jours, certains régimes utilisent les algorithmes de Google ou de leur propre moteur de recherche afin de trier l’information accessible au public et de laisser passer juste l’information qu’ils désirent sur les réseaux sociaux.
  • Dans le domaine militaire, l’IA deviendra également primordiale. Bientôt, les guerres se feront entre drones, machines, avions autopilotés. Finies les interventions humaines ! Ce sera la course à l’IA pour développer des armes autonomes. Poutine a même déjà déclaré : « Celui qui maîtrisera l’IA sera le maître du monde », preuve vidéo à l’appui.
  • Pour la sécurité nationale aussi, l’IA sera de plus en plus utilisée. Mais la série de fiction Black Mirror a déjà commencé à être bien réelle. Par exemple, en Chine, chaque individu est soumis à un indice de « crédit social ». Aucune critique du régime chinois n’est tolérée et aujourd’hui, 12 millions de chinois ne peuvent plus prendre de billets de train ou d’avion à cause de leur mauvais score. On estime aussi à 400 millions le nombre de caméras déployées dans les rues chinoises en 2020 (soit l’année prochaine!). Et grâce à la reconnaissance faciale, ça prend aujourd’hui 7 minutes pour être reconnu dans les rues en Chine.
  • Enfin, finissons avec l’éthique sociale. On parle de l’éventualité, dans un futur proche, d’implanter des puces dans le cerveau afin d’augmenter le traitement de l’information. L’individu ainsi équipé aurait un pouvoir d’assimilation de l’information et de mémoire démultiplié et deviendrait en quelque sorte un surhumain. On imagine aisément que, vu le coût d’un tel appareil, seules les classes sociales dominantes pourraient s’en équiper dans un premier temps, ce qui accentuerait encore le risque d’inégalités. Heureusement pour nous, il existe une forte volonté canadienne de légiférer sur ces questions, comme en témoigne la Déclaration de Montréal pour un développement responsable de l’intelligence artificielle.

L’IA et le marketing

D’abord réservées au domaine de la recherche scientifique, les avancées de l’IA ont de plus en plus de répercussions en marketing. Et comme toute évolution, essayer d’imaginer les perturbations qu’elle provoquera dans notre manière de travailler et de concevoir nos stratégies de mobilisation et collecte de fonds ouvre des perspectives incroyables. Mais ça donne également pas mal le vertige.

De nature, le marketing est un domaine qui bouge beaucoup et vite. Il est donc essentiel pour tout professionnel de faire de la formation continue et d’essayer de nouvelles stratégies continuellement.

Les grandes évolutions marketing amenées par l’IA qui ont retenu mon attention (et décuplé mon imagination)? Les voici, en vrac :

  • Les smart speakers se transformeront en assistants virtuels. On parle de la grande famille du no-interface. Prenez Alexa : pas d’interface, la reconnaissance vocale est utilisée, l’expérience est très fluide et sans barrière. Pour l’utilisateur, c’est le paradis.
  • Conséquence directe : on estime qu’en 2025, la page Google.com ne sera plus visitée. Tout le monde aura un assistant virtuel qui communiquera avec les assistants virtuels de son chum ou de sa blonde, de ses enfants, de ses collègues et de ses amis.
  • Conséquence suivante : la manière dont on pense le référencement actuellement sera complètement bouleversée, car un assistant virtuel ne propose pas les résultats de ses recherches de la même manière qu’un algorithme Google. Tout sera à repenser.
  • Le marketing conversationnel et l’utilisation de la voix deviendront donc des incontournables pour les entreprises et les organismes.
  • Et enfin, l’analyse des user data deviendra extrêmement poussée et rapide pour permettre un ciblage et des prévisions encore plus performantes.

Quant aux causes, l’enjeu demeurera proportionnel à l’opportunité : toujours être en phase avec ses donateurs et sympathisants pour mieux les comprendre et s’adresser à eux de la façon la plus pertinente qui soit, en s’ajustant continuellement aux progrès technologiques.

Concrètement, un organisme ou une fondation devrait toujours avoir les mêmes objectifs : proposer à ses sympathisants des expériences fluides et bien construites via des bases de données bien gérées et centralisées à l’aide d’un CRM, raconter des histoires fortes et inspirantes et déployer stratégiquement des outils de conversion tout au long de ses moments de contacts.

Ce sont les moyens d’y arriver qui sont appelés à changer.

Si on considère seulement la portée émotive que peut avoir une voix et le pouvoir de conversion que peut générer une conversation en direct, on comprend alors à quel point le potentiel d’engagement est presque infini.

Alors une chose est sûre : on n’est pas prêt de s’ennuyer. Ça promet de belles séances de discussion et d’exploration dans les mois à venir chez Atypic.

Conférenciers Infopresse :

  • Philippe Beaudoin (Element AI).
  • Damien Lefebvre (Valtech).
  • Alexandre de Brébisson (Lyrebird).
  • Jeremy Easterbrook (Index Web Marketing).